Superbes ornements d’une grandeur passée
Vous voilà descendus du trône au monument :
Que reste-t-il de vous dans ce grand changement,
Qu’un triste souvenir d’une gloire passée ?

Mortels, dont la fortune est toujours balancée,
Et qui des ris aux pleurs passez en un moment,
Si vous voulez sortir de votre égarement,
Que ce terrible objet frappe votre pensée.

Anne vivait hier, et cette Majesté
Qui régnait sur les cœurs par sa rare bonté
Dans ces antres sacrés n’est plus qu’un peu de cendre.

Orateurs, taisez-vous : cette foule de rois,
Qui sont ici comme elle et sans force et sans voix,
Font moins de bruit que vous, mais se font mieux entendre.


Mademoiselle de Scudéry.