Pétrarque - Sonnet XIII

Que de fois, tout en pleurs, fuyant le genre humain,
Et me fuyant moi-même en mon charmant asile,
J'inonde ma poitrine et l'herbe du chemin !
Que de fois mes soupirs troublent l'air immobile!

Que de fois, seul, en proie à mes rêves d'amour,
Au fond d'un bois épais et d'une grotte obscure,
Je cherche autour de moi cette femme si pure
Que me ravit la tombe où j'aspire à mon tour!

Tantôt elle s'élance en nymphe vaporeuse
Sur les flots argentés de la Sorgue écumeuse,
Et s'assied près de moi sur ses bords enchanteurs;

Tantôt, d'un pied léger, son image chérie,
Agite doucement les fleurs de la prairie,
Et semble à mon aspect prendre part à mes pleurs.

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

La discussion continue ailleurs

URL de rétrolien : http://www.poetik.fr/index.php?trackback/34

Fil des commentaires de ce billet