
Quante fïate, al mio dolce ricetto
fuggendo altrui et, s'esser pò, me stesso,
vo con gli occhi bagnando l'erba e 'l petto,
rompendo co' sospir' l'aere da presso!
Quante fïate sol, pien di sospetto,
per luoghi ombrosi et foschi mi son messo,
cercando col penser l'alto diletto
che Morte à tolto, ond'io la chiamo spesso !
Or in forma di nimpha o d'altra diva
che del piú chiaro fondo di Sorga esca,
et pongasi a sedere in su la riva;
or l'ò veduto su per l'erba fresca
calcare i fior' com'una donna viva,
mostrando in vista che di me le 'ncresca.
Que de fois, tout en pleurs, fuyant le genre humain,
Et me fuyant moi-même en mon charmant asile,
J'inonde ma poitrine et l'herbe du chemin !
Que de fois mes soupirs troublent l'air immobile!
Que de fois, seul, en proie à mes rêves d'amour,
Au fond d'un bois épais et d'une grotte obscure,
Je cherche autour de moi cette femme si pure
Que me ravit la tombe où j'aspire à mon tour!
Tantôt elle s'élance en nymphe vaporeuse
Sur les flots argentés de la Sorgue écumeuse,
Et s'assied près de moi sur ses bords enchanteurs;
Tantôt, d'un pied léger, son image chérie,
Agite doucement les fleurs de la prairie,
Et semble à mon aspect prendre part à mes pleurs.
